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LOUISE DECRUCK

PARCELLE 305 - ZONE VERTE

Titre : HÔTEL PARADISE, chambre 305 (Ecran total. Parfois ça paye)

Histoire :
HÔTEL PARADISE
(A room with a view)
Tous en ce monde sur la crête d’un enfer à contempler les fleurs (Kobayashi Issa)

Le monde globalisé est comme un gigantesque hôtel où se croisent, cohabitent, se succèdent, s’entrechoquent, se recouvrent et s’effacent mutuellement des existences, des histoires, des événements, des rêves, des itinéraires aux causes, aux désirs, aux intérêts et aux issues différents. Mon projet pour CoolCity part de là.
A CoolCity, des hôtels, j’en ai 2. Même propriétaire, même nom, mais lieux différents : un à la montagne, dans une station courue de sport d’hiver, un de bord de plage. Et ces hôtels sont uniques car ils ont chacun une seule chambre.
Chambre 305 et chambre 390 : Welcome to HÔTEL PARADISE, poste d’observation autant que zone de combat, situés à ce point précis où la lecture des imaginaires se met au service d’une représentation mais aussi d’une position politique, au croisement des enjeux du monde contemporain, entre ceux qui subissent et ceux qui mettent en scène le monde et les intérêts que cela sert.
Comme toujours, j’ai cherché à mettre en friction les histoires et les positions. J’ai cherché, entre mer et montagne, à quel endroit cette friction s’opérait et comment cela permettait de faire émerger l’image qu’aucune d’elles seules ne pouvait révéler : celle d’un système où les coordonnées du réel s’inversent, aveugle de ce qu’il produit et conditionne.
En arrière-plan, plane l’utopie de l’action née de la colère et de l’action des Corps vivants.

HÔTEL PARADISE, chambre 305
(Ecran total. Parfois ça paye )

En dix ans, plus de 30 000 personnes exilées auraient rejoint la France à pied, notamment en passant par la frontière franco-italienne haute (Hautes-Alpes) et basse (Alpes-Maritimes).
Au cours de mes recherches, pour cette parcelle, j’ai découvert cette image de panneaux plantés dans la neige d’une station de sport d’hiver des Alpes, manière pour un monde indésirable et plus ou moins volontairement invisibilisé, de faire intrusion et d’opposer sa réalité à l’autre.
C’est cela la chambre 305 : la friction entre 2 réalités qui sont liés.
J’ai travaillé à partir d’éléments documentaires, d’archives, d’images, de témoignages et de matériaux symboliques, pour certains trouvés.
Les maquettes sont volontairement rudimentaires, précaires et les textes écrits dans une forme d’urgence maladroite. Tout a été blanchi, comme si l’espace était figé, entre tentative de réparation et délabrement. Le « Mur » de l’Hôtel tourne le dos aux inscriptions, à la photo et aux montagnes, devenues juste l’idée dessinées de quelque chose. Ce « Mur » scinde en 2 une phrase extraite des panneaux, la ramenant ainsi à son ambiguïté : Parfois / Ça paye. Les textes des panneaux sont réécrits, maladroitement et dans l’urgence, par blocs, sur les 3 faces. Ils enserrent, planent en quelque sorte. Enfin, des pics anti-pigeons interdisent l’accès à la surface intérieure.
Une rose morte, pétrifiée, tient lieu d’arbre.

Technique - Matériel : Carton, acrylique, feutre, impression laser, pics anti-oiseaux, rose morte vernie, épingles à nourrice, épingles, adhésifs divers.

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